Logo

Pouvoir d’achat : moins de 3 ménages sur 100 parviennent à épargner

Par Lesinfos -le

Pouvoir d’achat : moins de 3 ménages sur 100 parviennent à épargner
La marge financière des ménages marocains reste extrêmement réduite. Au troisième trimestre 2026, seuls 2,8% déclarent pouvoir épargner une partie de leurs revenus, tandis que près de quatre ménages sur dix doivent s’endetter ou puiser dans leurs économies pour faire face à leurs dépenses.

Le constat est sans appel. Au troisième trimestre 2026, l’épargne reste hors de portée pour l’écrasante majorité des ménages marocains. Selon la dernière enquête permanente de conjoncture du Haut-Commissariat au Plan (HCP), seuls 2,8% affirment réussir à mettre de l’argent de côté.

 

À l’inverse, 39% des ménages déclarent devoir s’endetter ou puiser dans leur épargne pour couvrir leurs dépenses courantes. Une majorité, soit 58,2%, parvient tout juste à équilibrer son budget, sans dégager de marge pour épargner. La situation financière reste ainsi sous tension, avec un solde d’opinion établi à -36,2 points, quasiment inchangé par rapport au trimestre précédent.

 

L’épargne reste hors de portée

 

Les perspectives ne laissent entrevoir aucune amélioration rapide. Seuls 7,5% des ménages pensent pouvoir épargner au cours des douze prochains mois, contre 92,5% qui estiment ne pas en avoir la possibilité.

 

Le solde d’opinion relatif à la capacité future d’épargne tombe ainsi à -85 points. Il se dégrade par rapport au deuxième trimestre 2026, où il s’établissait à -80,9 points, et au troisième trimestre 2025, à -80,8 points.

 

Cette faiblesse intervient dans un contexte de léger recul de la confiance. L’indice de confiance des ménages s’établit à 59,2 points au troisième trimestre, contre 60,1 points trois mois auparavant. Il reste toutefois supérieur aux 53,6 points enregistrés un an plus tôt.

 

Près d’un ménage sur deux juge sa situation financière dégradée

 

Le ressenti reste également négatif lorsqu’il s’agit d’évaluer l’évolution récente des finances du foyer. Près de 44,9% des ménages estiment que leur situation financière s’est dégradée au cours des douze derniers mois, alors que seuls 4,7% constatent une amélioration.

 

Pour l’année à venir, les anticipations sont un peu moins sombres, sans pour autant basculer dans l’optimisme. Près de deux ménages sur trois, soit 65,1%, tablent sur une stabilité de leur situation financière. Dans le même temps, 18,4% redoutent une nouvelle détérioration, contre 16,5% qui espèrent une amélioration.

 

Le solde d’opinion correspondant ressort à -1,9 point, après +0,1 point au trimestre précédent. Il demeure néanmoins nettement meilleur qu’au troisième trimestre 2025, lorsqu’il atteignait -10 points.

 

Le niveau de vie reste sous pression

 

Le jugement porté sur le niveau de vie est encore plus sévère. Plus de trois ménages sur quatre, soit 76,3%, estiment que leurs conditions de vie se sont dégradées au cours des douze derniers mois. À peine 5,2% évoquent une amélioration, tandis que 18,5% ne constatent pas de changement.

 

La perspective des douze prochains mois reste elle aussi dominée par la prudence. Plus de la moitié des ménages, soit 51,7%, anticipent une nouvelle baisse de leur niveau de vie. Seuls 8,7% espèrent une amélioration, tandis que 39,6% s’attendent à une stabilité.

 

Le solde d’opinion sur l’évolution future du niveau de vie ressort ainsi à -43 points. La perception reste donc largement négative, malgré une légère amélioration par rapport à la même période de 2025.

 

Le chômage continue d’inquiéter

 

Les craintes entourant l’emploi pèsent également sur le moral des ménages. Au troisième trimestre, 61,3% s’attendent à une hausse du chômage au cours des douze prochains mois, contre 17,3% qui anticipent une diminution.

 

Le solde d’opinion correspondant atteint -44 points. Il se détériore par rapport au deuxième trimestre, où il était de -38,8 points, même s’il reste meilleur que les -56,4 points enregistrés un an plus tôt.

 

Cette prudence se retrouve dans les décisions de consommation. Près de 63,8% des ménages considèrent que la période actuelle n’est pas favorable à l’achat de biens durables, contre seulement 14,5% qui jugent le moment opportun.

 

Les prix alimentaires restent au cœur des préoccupations

 

La perception de la hausse des prix alimentaires demeure particulièrement forte. Selon le HCP, 95,9% des ménages déclarent avoir constaté une augmentation de ces prix au cours des douze derniers mois. À peine 0,4% évoquent une diminution.

 

Et les anticipations restent largement orientées à la hausse. Près de 77,9% des ménages s’attendent encore à une augmentation des prix alimentaires au cours de l’année à venir. Seuls 1% prévoient une baisse, tandis que 21,1% tablent sur une stabilité.


Logo

Qui Sommes Nous ?

Lesinfos.ma , 10 ans d'actualités respectant les normes légales marocaines. Infos continues, alertes quotidiennes, et newsletter. Expérience éditoriale légitime et innovante en communication ciblée et marketing numérique.

2026 © LESINFOS.MA